Stratégie retail

Les 5 partis pris du nouveau concept de restauration de Monoprix


Avec La Cantine, Monoprix ouvre un nouveau chapitre dans la restauration. Pensé pour répondre aux usages urbains, le concept articule snacking de qualité, recettes de chefs et flexibilité opérationnelle. Décryptage en cinq partis pris.

Le concept sera déployé dès cette année dans au moins une dizaine d’autres magasins. - © Alain Potignon
Le concept sera déployé dès cette année dans au moins une dizaine d’autres magasins. - © Alain Potignon

Le 1er avril, Monoprix a inauguré à Beaugrenelle (Paris 15e) son tout nouveau concept de restauration à emporter baptisé La Cantine. Le choix n’est pas anodin puisque le point de vente, dans un quartier où se mêle bureaux d’entreprise et logements, est le numéro 1 en chiffre d’affaires du réseau. Dans un espace de 70 m² - dont 30 m² dédiés à la surface de vente - l’enseigne décline une promesse simple : « manger vite, bien, et sans se ruiner ». Un projet qui ne relève pas de l’expérimentation isolée mais bien d’une stratégie pensée pour l’ensemble du groupe Casino. « La Cantine, c’est un bon exemple de notre stratégie des trois piliers : les courses du quotidien, les services du quotidien, et la restauration à emporter, résume Philippe Palazzi, directeur général du groupe Casino et président de Monoprix. Nous allons rendre le bien manger aussi accessible et désirable que ce que nous avons su faire dans la mode et la décoration. »

1. Une montée en gamme sans exclure l’accessibilité

Avec La Cantine, Monoprix applique au snacking les recettes qui ont fait son succès dans la mode ou la décoration : une montée en gamme créative, ancrée dans l’air du temps, mais sans renier l’accessibilité. Prix étudiés - sandwich à 6,50 €, expresso à 2,50 €, thés et infusions à 4€, formule déjeuner entre 8,50 € et 10 € soit le prix d’un ticket restaurant- et recettes inspirées.

Dans cette rue très commerçante, les tarifs affichés par La Cantine se positionnent en dessous de la plupart des établissements voisins. « Nous avons pris un soin particulier à sélectionner les ingrédients et les recettes, pour proposer une offre gourmande, de qualité et accessible », insiste Alfred Hawawini, nouveau directeur général de Monoprix.

Recettes de chefs, produits sourcés, format modulaire : l’enseigne joue la carte de l’efficacité en cinq partis pris.

La cheffe pâtissière Noémie Honiat (ancienne finaliste de l’émission télévisée Top Chef) a travaillé sur une soixantaine de créations, sucrées et salées, renouvelées tout au long de la journée et de l’année. Parmi les produits phares, le Flankie (croisement entre un flan et un cookie) vendu 20 € en format à partager, ou encore des sandwichs repensés, avec à chaque fois au moins un ingrédient de terroir comme du jambon de Paris de la dernière salaison de la capitale, pain burger ou pain néerlandais, et fromages développés en collaboration avec Christophe Fromager. Dans les prochaines semaines, d’autres collaborations viendront compléter l’offre avec des « collections capsules ».

2. Une offre pour tous les instants de consommation

Matin, midi, goûter et même soirée : La Cantine se cale sur le rythme de vie urbain, avec un renouvellement des produits quatre fois par jour. Barista au petit-déjeuner, plats chauds à midi, douceurs sucrées à l’heure du goûter… L’ambition : devenir un lieu de passage récurrent, attractif à chaque moment clé de la journée.

« La Cantine, c’est la découverte, défend Romain Pobé, directeur Marketing, Offre et Ecommerce Alimentaire et Beauté de Monoprix. Les clients vont y trouver des produits inédits, pensés pour tous les instants de consommation, sous un même toit. Ce n’est pas seulement un endroit pour déjeuner. »

3. Un food court à la française, modulaire et industrialisable

Derrière le ton gourmand, la mécanique est bien huilée. Le concept a été pensé pour être flexible et industrialisable, avec plusieurs formats envisageables selon la taille du magasin et la zone de chalandise. Trois caisses automatiques, un back-office rationalisé, et une quinzaine de collaborateurs à Beaugrenelle - baristas, pâtissiers, préparateurs - permettent d’absorber les flux avec une volonté : un temps d’attente inférieur à cinq minutes. Autre gage de qualité : la quasi-totalité des produits est fabriquée sur place excepté les pains et viennoiseries, qu’il s’agisse des sandwichs, des pâtisseries ou des boissons. Une organisation qui suppose de nouveaux process, et conforte la montée en gamme du concept sans renoncer à la performance opérationnel

« L’intérêt du concept, c’est sa modularité, souligne Alfred Hawawini. Il peut être ajusté selon le potentiel de chaque magasin, avec différents niveaux de format et de stand. C’est un food court flexible, économique, prêt à être déployé. »

4. Une vitrine du goût et de l’innovation à la française

Plus qu’un corner food, La Cantine veut devenir une vitrine de l’artisanat et du terroir. Le sourcing est local autant que possible, les recettes évoluent deux fois par an avec plus de 60 nouveautés, parfois déclinées en éditions capsules. « Nous défendons l’artisanat et le terroir français, tout en cherchant à faire de l’innovation », ajoute Romain Pobé.

L’expérience est aussi pensée comme un levier de fidélisation : -10 % pour les clients porteurs de carte, -15 % pour les étudiants, boisson à 1,50 € dans certaines offres combinées.

5. Une ambition assumée : faire de la restauration un levier stratégique

Monoprix ne s’en cache pas : la restauration est appelée à devenir un axe majeur de développement. L’objectif fixé par le groupe Casino est clair : atteindre 50 % du chiffre d’affaires global (hors Cdiscount) dans dix ans grâce à la restauration. Un pari qui suppose l’émergence de nouveaux métiers et donc de recrutements, l’installation de nouveaux processus, et une conquête frontale du territoire des boulangeries traditionnelles.« Cela fait plusieurs mois que nous travaillons sur ce projet, avec la volonté qu’il soit vivant pour nos clients, confie Alfred Hawawini. Il s’intègre dans l’histoire et le positionnement de Monoprix, une marque engagée dans l’expérience client. »

Les premiers résultats sont encourageants : +20 % de trafic dès les premiers jours, 200 sandwichs vendus par jour contre 100 auparavant, des pics bien marqués au petit-déjeuner, au déjeuner, et à la sortie des bureaux où Romain Pobé indique qu’il faut encore développer le moment du goûter. Avec la possibilité de se faire livrer via Uber Eats ou Deliveroo, et une montée en puissance prévue dès cette année dans dix autres magasins en Ile-de-France mais aussi en province, Monoprix accélère sa présence sur un marché estimé à 5,8 milliards de repas par an (source NielsenIQ).

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RDV les 13 et 14 mai à Deauville. - © D.R.
RDV les 13 et 14 mai à Deauville. - © D.R.

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